Histoire des moulinets français, 1920 – 1935

Histoire du moulinet Par Bernard et Michèle CAMINADE

1920 – 1935 Les grandes années des tambours tournants

Rappel : Un moulinet est un petit moulin sur lequel on enroule la ligne en tournant une manivelle. Il y a donc une cage (un bâti) qui sert de support à l’axe de la bobine et à la manivelle et que l’on fixe sur la canne par l’intermédiaire d’un pied. Les britanniques appellent la bobine « drum ». Ce qui se traduit par « tambour ». On dit que le moulinet est à tambour tournant lorsque le tambour tourne pour enrouler la ligne mais aussi lorsque la ligne se dévide.

La pêche avec un moulinet à tambour tournant !

Rappel : Avec un moulinet à tambour tournant il n’y a que deux méthode de lancer. La plus ancienne tient compte du fait que les mécanismes de rotation des axes de bobine manquaient de douceur. On déroulait donc la ligne en la lovant au préalable sur le sol ou dans un panier et le lancer se chargeait de la déplier vers la rivière. La deuxième solution est celle qui reste valable de nos jours : le poids du leurre ou du lest déroule la ligne en entraînant la rotation de la bobine.

Le problème est de maîtriser l’emballement de celle-ci qui doit être freinée par le pouce du pêcheur. Une action prématurée retient le leurre en plein vol. Un freinage tardif autorise la bobine à faire, par inertie, quelques tours supplémentaires, en provoquant ce que les pêcheurs appellent une « perruque ». Ce problème majeur fera naître au fil du temps des foisonnements de brevets pour des « anti-perruques automatiques ».

 

Dans les années 20, les constructeurs ou distributeurs seront nombreux et de toute taille avec en « fond d’écran » La Manu et ses centaines de milliers de catalogues pénétrant tous les foyers français. Voyons, au fil des années, quelques-unes des sorties marquantes.

CHAMP-RIGOT – La Fabrique Française de Moulinets « ABEILLE » concurrence les importations américaines avec deux moulinets multiplicateurs et trois moulinets simples à tambour tournant puis plus tard le PIVOLO qui est une nouvelle offre de moulinet démultiplié avec frein anti-perruque et sera rebaptisé PIVOTO en 1928.

Le moulinet pivolo avec anti perruque automatique

 

PEZON & MICHEL, dont l’histoire a commencé en 1860 propose ses modèles multiplicateurs. La société PRATIC de Besançon commence une carrière extrêmement prolifique (l’inventaire final des modèles reste à faire !)

On voit aussi arriver la marque ALBENS avec ses moulinets à tambour tournant dont certains ont un intérêt mécanique et esthétique plus marqué comme le modèle TRUITE à corps et bobine ajourés qui est le plus intéressant de la gamme qui restera en vente jusqu’en 1950 alors que la production s’était arrêtée avant ou pendant la guerre.

Qui possède un papier à entête ou une facture ou encore, on peut rêver, un catalogue de cette marque ?

Le moulinet albens et sa jolie boite !

 

G. BOURIANT à Saint-Amand Monrond (18) propose une série de tambours tournants qui portent le logo de la marque « A l’orfraie » gravé sur le pied. Avec les REFLEX et autres SERVOFREIN ou SPORT, c’est la prédominance, pour le lancer, des systèmes anti-perruque : pendant le lancer la tension du fil retient un levier qui libère la bobine aussitôt bloquée dès que le leurre ou le lest touche l’eau.

Le moulinet reflex de bouriant !

 

Le très recherché TRICOLORE offre une option de lancer avec bobine pivotante : redoutable système à vriller le fil.

moulinet tricolore

 

Rappel : La technique consiste à faire pivoter la bobine dans l’axe de la canne pour lancer comme avec un tambour fixe. La bobine redevient ensuite celle d’un tambour tournant pendant le ramené. Le problème est le vrillage qui s’aggrave à chaque lancer. La solution est de désolidariser la bobine de son axe et de la réenclencher en position inverse. Les lancers suivants vont dans un premier temps supprimer le vrillage et dans un deuxième temps en provoquer un en sens inverse. Deux des trois modèles de Tricolore proposeront une bobine réversible comparable à celle qui existe depuis longtemps sur le Malloch écossais.

 

Les Ets GOUDRON HENRI à Pont de Roide (25) présentent des modèles en tôle emboutie qui témoignent d’une recherche du petit prix.

On trouve aussi des moulinets en bakélite, inoxydables certes mais un peu fragiles.

Le moulient sport en backélite

 

Probablement fabriqué chez Horrell, sujet britannique, installé à Andrest près de Tarbes (65), le petit Pyrénéen se présente comme le plus petit moulinet qui existe… en aluminium poli, sans cric, diamètre 25 mm. C’était en fait une réserve de fil permettant de régler la longueur de la ligne en fonction du coup prospecté « sous la canne » par les pêcheurs au « toc ».

Le moulinet pyrénéen !!

 

Suite : l’année 1936 et suivante : Les tambours fixes

Ses articles sont rédigés gentillement par Bernard Caminade ! Je vous invite à retrouver son livre aux éditions La Cheminante ICI

Un livre idéal pour les amateurs de vieille mécanique !

Histoire des moulinets français, 1920 – 1935
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